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    « LES AVENTURES DU CAPITAINE WYATT »

      

    est bâti sur le même schéma que les films de guerre tournés par Raoul Walsh : une action    militaire, suivie d’une traque en pays hostile. À part que nous ne sommes pas en Birmanie mais dans les marécages des Everglades et que les croque-mitaines sont des Indiens Seminoles.

    Le scénario est excessivement simple et linéaire, il ne laisse aucune place à la    psychologie ou même à la caractérisation des protagonistes. Chacun remplit sa fonction et se définit plus ou moins par son comportement. C'est un cinéma de mouvement, d’action, de rythme, qui ne    s’embarrasse pas de fioritures.

    Le véritable intérêt du film réside dans ses décors naturels. On devine que le tournage n’a pas dû être confortable    et Walsh tire le maximum de ses extérieurs, malgré quelques scories d’époque, comme de vilaines transparences et des ‘stock-shots’ de la faune moyennement intégrés.

      

      

      

      

      

    En tête d’un casting assez faible et sans relief, Gary Cooper a fière allure dans ce rôle d’officier retourné à l’état sauvage et vivant comme une    sorte de Tarzan sudiste dans sa cabane sur la plage, entouré de sa tribu et de son petit garçon métis. Flegmatique et déterminé, ‘Coop’ n’a qu’une petite séquence où il peut déployer son charme    singulier : celle où il se rase à cru, avec son couteau de chasse.

      

    Un petit moment probablement improvisé, qui est comme un courant d’air frais dans un film pratiquement sans pause. Son    histoire d’amour avec Mari Aldon est plaquée et superflue. Celle-ci passe la moitié de ses scènes à se faire brosser les cheveux par son esclave noire en plein marais !

      

     

     

     

     

    Sans être un grand film, « LES AVENTURES DU CAPITAINE    WYATT » vaut pour sa beauté plastique (les costumes bariolés des Seminoles semblent avoir été créés pour le TechniColor !) et pour Cooper dans un des derniers films où    il apparaît en pleine possession de ses moyens physiques.

      

     

    Les aventures du Capitaine Wyatt (1951)

     

     

     

     
     
     
     
     

    >> ÉQUIPE TECHNIQUE / CARACTÉRISTIQUES
     
     
    Titre original : Distant Drums, Réalisateur : Raoul Walsh, Scénario : Niven Busch et Martin Rackin, Producteur : Milton Sperling, Musique : Max Steiner, Photographie : Sidney Hickox, Direction artistique : Douglas Bacon, Montage : Folmar Blangsted, Genre : Aventures, Western, Durée : 101 minutes, Couleurs, Sortie US : 29 décembre 1951.
     
     
    Les Aventures du capitaine Wyatt : photo Gary Cooper, Raoul Walsh
     
     

    >> DISTRIBUTION
     
    Gary Cooper (Capitaine Quincy Wyatt), Mari Aldon (Judy Beckett), Richard Webb (Richard Tufts), Ray Teal (Mohair), Arthur Hunnicutt (Monk), Robert Barrat (général Zachary Taylor).

      
      
    Les Aventures du capitaine Wyatt : photo Gary Cooper, Raoul Walsh
      
      
      
      
    >> HISTOIRE
     
    1840. La guerre contre les indiens Séminoles, dans les grands marais de Floride, dure depuis plusieurs années. Le lieutenant Tufts rejoint le capitaine Wyatt, qui vit avec son petit garçon sur un îlot de sable fin, non loin des dangereux marécages, et tous deux partent à l'assaut d'un fort qui contient des réserves de munitions et des prisonniers blancs. Après l'avoir fait sauter, alors qu'ils repartent vers leur embarcation, Wyatt et ses hommes sont bloqués par les indiens. Ils n'ont alors d'autre choix que de s'enfoncer dans les dangereux marais des Everglades.
     

    Dénouement. Pourchassée par les indiens, la compagnie se sépare en deux groupes et se fixe un rendez-vous. Après un long et pénible voyage, le capitaine Wyatt arrive avec ses hommes, et la belle Judy, au lieu prévu, mais apprend que le deuxième groupe est tombé dans une embuscade. Il décide donc de ramener tout le monde vers son île, qui n'est qu'à quelques jours de marche. Après une seconde embuscade, Wyatt découvre que son île a été brûlée et que son fils a disparu. Plutôt que d'affronter tous les indiens, Wyatt propose un combat entre les chefs, et engage un corps à corps au couteau avec son rival. Victorieux, les ennemis reculent, les renforts arrivent et Wyatt retrouve son fils vivant.

    >> AFFICHES


    >> NOMINATIONS ET RÉCOMPENSES
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    >> AUTOUR DU FILM
     
    En témoignent les mémoires du réalisateur, Gary Cooper et Raoul Walsh se connaissaient bien, et de longue date ; ils avaient souvent pêcher et observer la nature tous les deux. Le tournage de leur unique collaboration eut lieu dans le parc national des Everglades, en Floride. Le syndicat de Chicago perturba légèrement le début du tournage, en imposant, sous peine d'interdiction de tourner, un nouveau caméraman et deux nouvelles maquilleuses. Ces trois nouveaux membres, grassement payés, passèrent évidemment les six semaines du tournage à s'occuper et à pêcher.
     
     
     
    Les Aventures du capitaine Wyatt : photo Gary Cooper, Raoul Walsh
     
     


    Le tournage fut physiquement éprouvant, la faune du parc national n'appréciant guère la présence d'une équipe technique. Raoul Walsh engagea alors des gens du pays pour les débarrasser des nombreux serpents à sonnettes et des autres animaux dangereux, lesquels étaient ravis d'être payés à cette occupation, qui leur rapportait, en outre, l'argent du laboratoire qui achetait les serpents pour retirer leur venin. Toutefois, les moustiques menèrent la vie dure aux membres de l'équipe et "Cooper, qui se plaignait d'avoir donné des litres de son sang précieux aux moustiques et aux sangsues, rentra à Hollywood avec une peau de serpent qu'il prétendait avoir arraché dans un accès de rage à son propriétaire". (R. Walsh, Un demi-siècle à Hollywood, Paris, Ramsey, 1985, p. 318-319)

      
      
      
    >> RÉPLIQUES
     
    - "Et j'aperçus pour la première fois l'homme avec lequel je devais vivre l'aventure la plus extraordinaire : Quincy Wyatt. Soldat. Homme des marécages. Grand Seigneur. Infatigable."
    (Richard Webb)

    - "Mon embarcation ne peut pas emmener plus de 40 hommes.
    - Et bien, c'est parfait, puisque je ne garde que 40 hommes dans ma compagnie.
    - 40 hommes pour nettoyer toute la Floride et reprendre une forteresse ! Mais c'est un suicide !
    - Vous avez peut-être raison ... mais ne faut-il pas mettre fin au ravitaillement en armes des Séminoles ? Et tant qu'ils tiendront ce fort, les indiens auront tous les fusils qu'ils voudront.
    - Mais cette attaque est vouée d'avance à l'echec. Le fort a été bâti par le général Enrico Garcia, un des plus grands architectes militaires. Pour le prendre d'assaut, il faudrait au moins une brigade.
    - Certes, c'est bien raisonné ce que vous dites là. En avez vous fait part au général ?
    - Non. L'amiral l'a fait ... mais le général l'a envoyé promener. On pense chez nous que le général aime assez la bouteille. Et, ma foi, il ne devait pas y voir très clair quand il est aller imaginer une telle sottise.
    - Je regrette que vous trouviez que c'est une sottise lieutenant, parce que c'est moi qui suit responsable de ce projet.
    (Richard Webb/Gary Cooper)

    - "Et la belle enfant ?
    - Les autres ne savent pas d'où elle vient. A mon avis c'est une jeune fille du monde.
    - Pourquoi ? Parce qu'elle a une servante ?"
    (Gary Cooper/Richard Webb)

    - "Ma famille se nourrissait de glands et de pommes de pins, comme la vôtre !
    - Comment avez vous deviné d'où je suis ?
    - Votre démarche. Chez nous, on a l'habitude d'attacher la jambe des filles quand elles ont 16 ans, pour fixer leurs premières chaussures. C'est ce qui vous est arrivé, pas vrai ?
    (Gary Cooper/Mari Aldon)

    - "J'ai mangé tellement de maïs que je me sens devenir volaille."
    (Gregg Barton)

    >> CRITIQUES
     
    "Ne cherchez pas de nouveautés ... Le réalisateur Raoul Walsh a dirigé ce film avec précision, comme il l'aurait fait dans des films tournés il y a vingt-cinq ans. Ce qui revient à dire que Mr. Cooper est égal à lui-même d'un bout à l'autre, que l'histoire est tantôt sérieuse, tantôt comique et que le rythme se maintient d'une manière conventionnelle et artificielle." (Bosley Crowther, New York Times, 1951)


    "Cooper fournit une interprétation moyenne dans un rôle qui lui offre peu de possibilités ; les acteurs de complément qui lui servent de partenaires n'ont pas été choisis parmi les meilleurs et les bonnes séquences sont rares. La musique de Max Steiner souligne et soutient l'action et permet d'oublier l'invraisemblance de l'intrigue." (Homer Dickens, Gary Cooper, Paris, Henri Veyrier, 1975)


    "Gary Cooper interprète dans ce film l'héroïque figure du capitaine Earp Wyatt. Le film est un des plus remarquables westerns de ces dix dernières années." (L. Escoube, Gary Cooper, le cavalier de l'ouest, Paris, Éditions du Cerf, 1965)


    >> PHOTOS DU FILM


    >> PHOTOS D'EXPLOITATION



    >> PHOTOS DE TOURNAGE


    >> DOCUMENTS
     
     
    > Extrait audio : l'arrivée de Gary Cooper/Quincy Wyatt (musique de Max Steiner).


    > Voir le synopsis français d'époque des Aventures du Capitaine Wyatt, qui fut exploité dans les salles.

     
     
     

    > Bertrand Tavernier évoque ses souvenirs de jeunesse dans une "malle aux trésors" au Forum des Images, et revient longuement sur Les aventures du Capitaine Wyatt. (Document audio)

    Sur le tournage du film, Gary Cooper participe à une publicité pour un moteur de bateau ! (1952)
    > Voir la page : Coop' vante les mérites d'un moteur de bateaux, dans Boy's Life.
     
     
     


     

    http://garycooper-france.blogspot.fr/2012/01/les-aventures-du-capitaine-wyatt-1951.html

     

     

     

     

     

     

     

     

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